(RE)découvrons notre ville : Hôtel Staar

10 Hôtel Staar © Proess Office National du Tourimse

(RE)découvrons notre ville : Hôtel Staar

Notre capitale, vous pensez bien la connaître ? Bien, détrompez-vous ! Certains bâtiments, devant lesquels vous passez régulièrement cachent une histoire particulière. Dr Robert L. Philippart est un véritable expert en la matière et va vous emmener à travers la ville découvrir ces histoires cachées qui vous feront voir d’un autre œil certains bâtiments emblématiques.

Gare 1906 – Hôtel Staar

Le site occupé de nos jours par l’agence de la BCEE à la bifurcation des avenues de la Gare et de la Liberté hébergeait pendant 60 ans l’ancien Hôtel Staar.

Jean Staar exploitait dès 1886 « l’Hôtel de la Gare », maison recherchée par les notaires pour y organiser leurs ventes publiques, mais également par des clients de passage et par le monde associatif. En 1895, il acheta l’„Hotel des Voyageurs“, le rénovait et y aménageait 22 chambres. En 1896 il y inaugurait son nouvel „Hotel de la Gare". La propriété proposait 80 écuries pour la vente publique de bétail. Profitant également d’une clientèle de passage Staar offrait des « déjeuners à toute heure ».

En 1899, Jean Staar fut exproprié et dédommagé par l’Etat qui planifiait l’aménagement de l’Avenue de la Liberté. L’Etat lui demandait de construire sur la parcelle lui restant un établissement à caractère représentatif marquant le départ des deux avenues.

L’inauguration du nouvel établissement conçu par l’architecte Léon Suttor eut lieu en janvier 1906.  L’hôtel proposait 54 chambres, et 60 chambres en 1938. Réparties sur 3 étages, certaines offraient un salon et une salle de bains privée. Toutes les chambres étaient raccordées à l’eau courante chaude et froide.  Un ascenseur reliait les différents étages. Le rez-de-chaussée offrait un café, des salles de banquets, des salons de lecture et de petit-déjeuner, un restaurant avec véranda pour près de 100 personnes. Disposant du chauffage central, la maison disposait de sa propre centrale d’électricité. L’hôtel proposait également un salon de coiffure avec parfumerie ainsi qu’une librairie.

L’immeuble rythmé de rotondes angulaires à coupoles était précédé d’un square avec kiosque limonadier. Cette placette accueille de nos jours le monument commémorant le 30e anniversaire du Traité de Rome (artiste François Gillen).

Oskar Schieb, chef culinaire à l’Hôtel Staar, reconnu sur le plan international, réalisa les premières émissions culinaires à la radio luxembourgeoise. Les assemblées générales de l’Union Adolphe, du cercle d’Escrime, de l’association des hôteliers et les banquets organisés pour l’élévation de Hollerich-Bonnevoie au rang de ville en 1914 et encore celui marquant la fusion des communes de Hollerich et de Luxembourg en 1920, représentent les grands moments de cet hôtel qui prit le nom de « Grand Hôtel Staar » dès 1932. En 1925 le syndicat des automobilistes luxembourgeois y fut fondé de même que le « Volksbildungs-Verein Luxemburg-Bahnhof » en 1935.

Pour les moments les plus difficiles, il faut se rappeler les graves endommagements que subit l’immeuble en 1915 suite à des raids aériens. Au cours de la première guerre Mondiale les syndicats professionnels d’horticulteurs, de producteurs de céréales, de marchands de cuir furent fondés à l’Hôtel Staar.

L’ouverture de grands Hôtels (Alfa et Kons) incitaient la société « Staar Liebermann, Consœurs Scheer, Loewenstein et Reckinger » à présenter des plans de modernisations. Or, le projet de l’Etat de vouloir élargir l’Avenue de la gare par des réaménagements eut comme conséquence la suppression de la véranda-restaurant. L’exploitation de l’hôtel fut ainsi arrêtée en 1938. Le « Chef de la Zivilverwaltung » y installa le bureau de police de la ville. A la fin de la Guerre, l’Etat y logeait le Ministère de la Reconstruction, l’Office des Statistiques des Communautés Européennes du Charbon et de l’Acier ainsi que l’Office National du Tourisme. En 1968, l’immeuble fut acquis par la Caisse d’Epargne qui fit remplacer l’ancien hôtel par un projet développé par l’architecte Paul Retter.

Photo : Hôtel Staar © Proess Office National du Tourisme

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